Outil : Méthode IDEFO ou SADT

  

IDEFO : Integration Definition for Function Modeling est un concept qui est défini dans plusieurs standards. IDEFO est le plus souvent utilisé pour la modélisation des processus de production et de service, ainsi qu’en tant que support pour le Business Processus Reengineering (BPR). Cette technique convient parfaitement pour la modélisation des activités et du flux des informations entre les activités.

Également connu sous le nom de Structured Analysis and Design Technique (SADT)

 

Concepts et terminologie

La norme française (NF E 90.001) définit un système comme : « Une association de sous-systèmes constituant un tout organique complexe destiné à remplir une fonction générale.

 

Un sous-système est une association de composants destinés à remplir une ou plusieurs fonctions opérationnelles au sein d’un système. Un composant est un élément ou un ensemble d’éléments destinés à remplir une fonction particulière dans un sous-système ou un système.

Un système peut être défini comme une totalité organisée en fonction d’un but, faite d’éléments solidaires ne pouvant être définis que les uns par rapport aux autres en fonction de leur place dans cette totalité ou encore comme un ensemble identifiable ayant une fonction, doté d’une structure qui évolue dans le temps et dans un environnement en vue d’une finalité.

 

Il est important de bien identifier les limites du système, les éléments qui le constituent et qui en font une entité organisée, c’est à dire la frontière. Celle-ci inclut tous les éléments nécessaires à son fonctionnement dans toutes ses phases. Elle permet de distinguer les relations du système avec son environnement ou milieu extérieur.

 

Les éléments sur lequel le système agit s’appellent les matières d’œuvre.

 

 

 

Caractéristiques d’un système

 

Environnement

 L’environnement (ou milieux associés) du système est ce qui lui est extérieur lorsqu’il a été isolé par sa frontière. Le système agit sur la partie de son environnement qui est modifié, qui est la matière d’¦oeuvre, en fonction de l’état des autres éléments extérieurs. Les relations entre le système et son environnement sont donc définies en termes de flux, c’est à dire de quantité de matière d’oeuvre dans le temps.

On définit la fonction d’un système par la relation qui transforme, au niveau de la matière d’œuvre, la situation initiale en situation finale.

 

Finalité

 La finalité d’un système justifie l’existence de ce dernier et ne peut être définie qu’en fonction de ce sur quoi le système agit, et qu’il transforme ou conserve, pour répondre à un besoin. a finalité d’un système est d’apporter une valeur ajoutée à la partie de l’environnement sur lequel il agit, qui est la matière d’œuvre.

 

Valeur ajoutée

 La valeur ajoutée est définie comme la modification apportée au flux de matière d’œuvre entre l’entrée et la sortie du système.

 

Déchets

 Rares sont les systèmes qui ne produisent pas de déchets (on emploiera le terme « pollution » lorsqu’ils ne sont pas traitables); et ne pas les prendre en compte risque de provoquer l’incapacité du système à assurer sa fonction.

 

Fonctions

Un système peut être étudié de deux façons : dans son aspect fonctionnel ou dans son aspect structurel.

Aspect fonctionnel : Il s’agit de répondre à la question « à quoi ça sert ? ». On parle alors de fonction d’usage (le citoyen qui utilise un téléviseur le voit comme un objet permettant de véhiculer des informations).

Aspect structurel : Il s’agit de répondre à la question « comment ça marche ? ». On parle alors de fonction globale. (le technicien voit le téléviseur comme un ensemble d’éléments transformant des ondes).

Il est important de savoir si l’on observe ou conçoit un système et ses sous-systèmes dans leurs aspects fonctionnels ou structurels. En effet, un système peut être étudié (ou conçu) dans son aspect structurel alors que certains des sous-systèmes qu’il contient, communs à d’autres système, ne seront approchés que d’une manière fonctionnelle (et inversement) (le technicien peut parfaitement réparer un téléviseur sans connaître le fonctionnement du tube électronique et en respectant les branchements).

 

 

Modélisation d’un système

Nous utiliserons, dans ce chapitre, les outils de la méthode SADT (SADT : Structured – Analysis – Design – Technic. – ® SADT est une marque déposée de SofTech – USA – et d’IGL Technologie – France-) développés aux USA par Doug Ross en 1977 et introduits en Europe à partir de 1982 par Michel Galiner. « SADT permet non seulement de décrire les tâches du projet et leurs interactions, mais aussi de décrire le système que le projet vise à étudier, créer ou modifier, en mettant notamment en évidence les parties qui constituent le système, la finalité, le fonctionnement de chacune, et les interfaces entre les diverses parties partie qui font qu’un système n’est pas une simple collection d’éléments indépendants, mais une organisation structurée de ceux-ci dans une finalité précise.

 

Le système étant défini, c’est à dire limité par sa frontière, on peut identifier :

* Sa fonction, qui apporte la valeur ajoutée à la matière d’œuvre.

* Ses éléments constitutifs (sous-systèmes, composants) qui, inclus dans la frontière, supportent la fonction.

* La matière d’œuvre sur laquelle s’exerce son action.

* Les données d’entrée, ou de contrôle, qui provoquent ou modifient la mise en œuvre de la fonction.

 

Modéliser un système consiste à en donner une représentation qui énumère les quatre ensembles d’éléments ci-dessus en les distinguant les uns des autres, et en montrant les relations.

 

Formalisme du modèle

On modélise graphiquement un système par un bloc fonctionnel (ou boîte) représenté par un rectangle à l’intérieur duquel est mentionnée la fonction globale (ou d’usage suivant les cas).

 

Les entrées sont de deux types :

* Les entrées de matière d’¦œuvre qui sont transformées par la fonction. Elles sont notées par des flèches entrantes à gauche.

* Les données de contrôle qui provoquent ou modifient la mise en ¦œuvre de la fonction. Elles sont notées sur le dessus.

Les sorties représentent ce qui est produit par le système :

* La sortie de matière d’¦œuvre dotée de valeur ajoutée.

* Les sorties secondaires qui représentent généralement des flux d’informations associées au processus et des sous-produits ou déchets.

 

Les supports de la fonction qui représentent les éléments matériels sont éventuellement notés sous le rectangle.

 

Construction du modèle

Il est important de définir une frontière du modèle qui n’exclut, ou ne scinde, un élément participant directement à sa fonction dans toutes ses phases de fonctionnement.

 

De même, il est important de définir de quel point de vue est construit le modèle, car s’il veut tout représenter, il est illisible. La perception d’un système, mais surtout les informations nécessaires, ne sont pas les mêmes pour l’utilisateur, le concepteur ou le technicien de maintenance.

 

Une fois distinguées la matière d’œuvre et la valeur ajoutée que lui apporte le système, on peut définir avec précision sa fonction, et les données de contrôle qui le modulent

 

 

 

 

Analyse descendante

 

Définition

La méthode d’analyse descendante permet de comprendre pourquoi un système existe, ou doit être conçu, quelles fonctions il doit remplir et enfin, comment elles sont réalisées. Et cela, quelle qu’en soit la complexité.

La méthode, appuyée par un modèle graphique, procède par approche descendante en ce sens que l’on va du plus général au plus détaillé, en s’intéressant aux activités du système.

Les deux principes de base sont :

* Procéder par analyse descendante : Le premier niveau du modèle est en général très abstrait, et progressivement les activités et les moyens nécessaires à leur réalisation sont détaillés.

* Délimiter le cadre de l’analyse : afin d’aborder l’analyse et la description du système, il est fondamental de préciser le contexte (limite du système), le point de vue et l’objectif de l’analyse.

 

Description de la méthode

La première phase est la modélisation du système décrit précédemment (3 2 : construction du modèle) qui en montre les fonctions. Le contexte est identifié par les flèches qui entrent ou sortent de cette boîte-mère

 

 

La décomposition en éléments, ou sous-fonctions de cette boîte-mère permet d’affiner la perception du système et sa structure. Cette décomposition doit faire apparaître de trois à six éléments maximum. Ces éléments ou boîtes sont des activités. Les flèches qui les relient représentent les contraintes qui existent entre elles, mais ne représentent en aucun cas un flux de commande et n’ont pas de signification séquentielle (n’impliquent pas de notions d’ordre d’exécution dans le temps).

Les diagrammes ainsi construits sont des actigrammes ou encore diagrammes d’activité.

 

Si le niveau de décomposition ne permet pas une totale compréhension du système, on procède à une nouvelle construction d’actigrammes correspondant aux boîtes à analyser plus en détail.

 

On définit ainsi successivement :

* La boîte-mère A.

* Le diagramme enfant de premier niveau A0.

* Les diagrammes enfants de chaque boîte du diagramme précédent (qui devient diagramme-mère) soit : A1, A2, A23, `

 

Les principales règles régissant la construction des diagrammes sont :

* Chaque flèche entrant ou sortant de sa boîte-mère doit se retrouver sur le diagramme enfant.

* Les flèches sont affectées d’un label indiquant leur nature. Celui-ci peut être remplacé par un code dont la signification est donnée en marge.

* Les supports peuvent ne pas être mentionnés si cela n’éclaire pas la compréhension.

* On ne mentionne que les éléments nécessaires à ce que l’on veut montrer.

* Lorsque la relation est à double-sens (entrée réciproque ou contrôle réciproque), on utilisera une double flèche avec un point à droite ou sous la pointe des flèches concernées.

 

 

 

 

 

Les deux représentations ci-dessous ont la même signification.

 

 

 

Sources : Université de Pau

 

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